Mass Effect
Bioware
Electronic Arts / Microsoft
2007
Action - RPG Futuriste
Xbox 360, PS3, PC (PS3)
PEGI 18
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| Le Normandy en approche de la Citadelle |
Synopsis
Nous sommes en 2183. Depuis 35 ans, la Terre sait désormais qu'elle n'est plus la seule à peupler la galaxie. C'est même tout le contraire. Suite à la découverte en 2148 de vestiges sur Mars, elle a acquis une technologie la menant sur d'autres systèmes et elle a rencontré les races de l'espace Concilien. Régentée par le Conseil de la Citadelle, immense station spatiale faisant office de capitale politique de la galaxie, cette gigantesque entité, composée de plusieurs centaines de systèmes et autant de milliards d'aliens, voit l'émergence de l'Humanité sur la scène galactique d'un oeil méfiant. De nombreuses races les considèrent froidement pour leur agressivité et leur arrogance. Pourtant le Conseil s'apprête à nommer pour la première fois de l'histoire un humain, le Commandant Shepard, au poste de Spectre. Ce rôle de super-flic galactique ayant des pouvoirs quasi-illimités est très convoité et Shepard, héros de l'Alliance, l'entité représentante de l'Humanité à la Citadelle, est, de l'avis de tous, le meilleur choix possible. Mais avant d'entériner sa nomination, le Commandant doit régler une mission supervisée par un autre Spectre sur une colonie humaine pour récupérer une autre balise prothéenne comme celle trouvée sur Mars trois décennies plus tôt. A bord de son vaisseau le SR1 Normandy, Shepard s'apprête à débarquer quand le Normandy reçoit une transmission de la planète qui subit une attaque des mystérieux Geth, race synthétique qu'on pensait éteinte. Sur place, Shepard trouve un Spectre renégat qui mène les armées Geth pour s'emparer de la balise, et parvient à entrevoir le contenu de celle-ci. Une vision lui annonçant la mort et la destruction de l'univers s'impose alors à lui. Une menace bien plus grande que les Geth semble se profiler, mais le Conseil ne semble pas y porter attention.
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| Le système de dialogue et Garrus, Turien loyal |
Avis
Vous l'aurez remarqué avec ce bon paragraphe, pas facile de résumer simplement l'intrigue et l'univers de ce RPG façon space opéra. Lorsqu'on plonge dans Mass Effect, c'est tout de suite le foisonnement de l'univers qui nous submerge. Celui ci est d'ailleurs dévoilé en détail dans le codex, accessible depuis le menu pause, qui se débloque petit à petit pour nous fournir des dizaines d'entrées sur les races, les technologies, les entités politiques, les planètes etc. Alors dans les premiers instants il faut assimiler petit à petit les informations. Mais une fois à l'aise avec les termes comme "relais cosmodésique", "Alliance Interplanétaire", "Espace concilien" on se prend vite à l'intrigue et à son caractère épique.
La première étape du jeu est la personnification du personnage. Shepard est un avatar charismatique avec sa personnalité propre, mais il convient de lui donner un fond et une apparence. Ainsi on choisi son historique. Il (ou elle!) peut être un Terrien orphelin, un fils de militaires ou un colon dont la famille a été massacrée quand il était jeune. Ces trois possibilités, outre expliquer d'une façon ou d'une autre ses motivations pour s'engager dans l'armée de l'Alliance conditionnent également l'attitude des personnages dans les dialogues interactifs. De même, entre son engagement et le présent, Shepard a acquis une réputation dans l'armée qu'il convient la aussi de choisir parmi trois choix. Si vous aimez recevoir des éloges, choisissez "héros de guerre", les personnages reviendront sur vos glorieux exploits. Si vous êtes plus sobre, l'option traumatisé entrainera la compassion des pnj. Il est également possible de choisir une réputation de militaire froid et pragmatique pour qui la mission est le saint graal et qui ne s’embarrasse pas de la compassion.
Mine de rien, il y a là matière à trouver un profil qui correspondra à à peu près tout le monde, et si fondamentalement cela ne change pas grand chose au jeu en lui même, les références à votre profil au cours des dialogues renforce grandement l'attachement au personnage. Elles confèrent une âme à ce brave Shepard. Après avoir déterminé sa psyché, on revient à du plus classique pour un RPG : le choix de la classe. Il existe 3 classes principales, basées sur chacune des trois spécialisations du jeu, ainsi que 3 classes hybrides mêlant 2 facultés. Le soldat est ainsi concentré sur la puissance de feu, capable de se spécialiser dans chaque arme et doté d'un bonus de santé. L'ingénieur est spécialisé dans les technologies. Il peut ouvrir les portes bloquées, faire exploser les armes de ses adversaires, etc. L'adepte est un spécialiste de la biotique, un pouvoir mystérieux allant de la télékinésie aux boules d'énergie en passant par des barrières de gravité, mais sa condition le rend plus fragile aux attaques adverses. Le porte étendard combine les pouvoirs biotique et une aisance au combat, le franc-tireur qui est habile au combat également (spécialiste du fusil de sniper) mais qui maitrise l'ingénierie, et la sentinelle combinant pouvoirs technologiques et suprématie biotique.
Pour finir, vous devez déterminer l'apparence de votre Shepard. Les options de personnalisation sont classiques mais nombreuses : genre, coiffure, cicatrices, plusieurs choix de nez, bouches, taille de la machoire etc, même si certains détails sont parfois énervants (pas beaucoup de choix d'yeux et un certains nombre assez similaires) vous parvenez à un Commandant parfait, qu'il s'agisse d'un grand gaillard ou d'une ravissante mais fatale jeune femme. Par contre, soyez sûrs d'apprécier son apparence. Vous allez voir sa tête en gros plan des dizaines d'heures, à fortiori si vous enchainez sur le 2 et le 3, alors autant être sûr de son look. Si sa tête ne vous revient pas après les 2-3 premières scènes, autant recommencer, croyez moi.
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| Certains paysages sont splendides |
La raison, ce sont les dialogues interactifs durant lesquels vous voyez Shepard discuter avec son interlocuteur. Ceux sont sont véritablement au cœur du gameplay et de l'avancée scénaristique, véritablement. Impossible de faire l'impasse dessus. Mais pas de problème, leur dynamisme incroyable, et la variété de choix de répliques qu'ils proposent permettent de ne pas tourner en rond avec des pnj au vocabulaire limité à une pauvre petite phrase, comme dans nombre d'autres rpg. Par ailleurs un système d'alignement au cour des dialogues autorise d'accentuer encore la personnification du héros. Selon le choix de votre réplique vous acquerrez des points de conciliation ou de pragmatisme. Tout dépend de vous et de la personnalité que vous souhaitez conférer à Shepard. Parfois il voudra arrondir les angles, quitte à laisser filer un terroriste, parfois il préfèrera insulter son interlocuteur quitte à s'attirer les foudres de celui ci. Bien sûr le combat est majoritaire, mais certaines de vos actions permettrons d'éviter celui ci ou de le simplifier. Je vous le dis. Shepard a une âme dans ce jeu, et il peut facilement devenir le miroir de votre bonté ou a contrario de votre malice.
Puisqu'on en parle, les combats font dans le TPS relativement basique, mais néanmoins mâtiné de RPG. Il faut viser droit, mais la précision de votre arme, sa puissance, sa capacité à percer les boucliers etc, est calculée de manière très précise en fonction des points dont disposent votre arme et les amélioration que vous lui allouez . Par ailleurs, le système de pause active permet de gérer vos pouvoir et ceux de votre commando par la pression d'un bouton de tranche. Il convient ainsi de bien choisir ses membres d'équipe pour être paré face à toutes les situations. Il existe de toute manière un personnage différent pour chaque classe disponible dans le jeu. Ainsi malgré le dynamisme des combats, cette pause active s'avère indispensable pour surmonter certaines situations mal embarquées. On note quand même que dans le genre TPS, la physique des personnages est un peu lourde. Citons également quelques phases en véhicule sur la surface des différentes planètes visitées. Malheureusement, le Mako, sorte de rover d'assaut, a un contrôle assez cataclysmique, qu'il s'agisse de le diriger ou de viser au moyen de son canon. Certains passages au milieu des tourelles et des armatures Geth peuvent facilement vous mener à vous arracher les cheveux. Surtout que bon nombre de missions commencent par une phase en véhicule.
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| Les séquences de shoot |
Les missions (ou quêtes, selon si vous voyez le jeu plus comme un TPS ou un RPG, même si c'est blanc bonnet, bonnet blanc) sont quant à elles bien variées dans l'écriture, mais niveau gameplay elles tendent à beaucoup se ressembler. D'une part les environnements sont assez dépouillés et plutôt semblables, surtout dans les quêtes annexes, y comprit en intérieur. Du coup on arrive en Mako sur une planète, on canarde quelques tourelles, on entre dans un bâtiment, sorte de hangar, blindé d'ennemis à l'IA parfois étonnante, on flingue tout ce beau monde, on trouve un PNJ, on lui parle, on va ailleurs, on recommence, on trouve un objet de quête, etc. Fort heureusement, si le gameplay se répète dangereusement, le dépaysement est assez notable car malgré les similitudes de certains niveaux, la personnalité de chaque planète ou station lui est propre et ce sentiment d'arpenter la galaxie est grisant. D'ailleurs la navigation d'un système à l'autre se fait à bord du vaisseau sur une carte de la galaxie qui donne un véritable sentiment d'immensité. Sauf que dans les faits, seule une planète par système est disponible environ. So long pour la liberté galactique. Mais très franchement, l'univers foisonnant de Mass Effect est déjà particulièrement étoffé.
On en parlait au début, c'est d'ailleurs l'écriture du scénario qui force avant tout le respect dans Mass Effect. Je l'ai déjà évoqué, la cohérence de l'univers est déjà impressionnante, mais c'est la narration qui écarquille nos paupières lorsqu'on joue à ME. Drew Karpyshyn, auteur de Science Fiction s'est collé au scénario avec la volonté de faire vivre à son héros une quête de la portée de celle de Luke Skywalker dans Star Wars. Shepard déjà fortement charismatique est entrainé dans une lutte dont le seul terme pour la qualifier ne peut être qu'épique. Celle ci est ponctuée de séquences mémorables dans lesquelles vos choix peuvent avoir un impact décisif sur le déroulement de l'aventure.
L'aventure de Mass Effect surprend par conséquent, surtout que les jeux aussi riches sont rares, encore plus dans un univers de science-fiction, et on lui pardonne assez vite la lourdeur de son gameplay aux vues de la qualité de son système de jeu et de son scénario. Plein de bonnes idées, le premier Mass Effect est un joyau aux aspects parfois un peu brut mais fondamentalement addictif.
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| Séquence en Mako |
Notation
Réalisation : 8/10
Ce n'est pas le montage épileptique d'un Call of duty, mais Mass Effect dispose d'une réalisation soignée, très cinématographique, d'ailleurs fortement influencée de certains classiques de SF du 7e Art, avec des décors parfois somptueux, et la cohérence des séquences du jeu, entre exploration, dialogues, fight et cinématiques est vraiment équilibrée. Du beau boulot!
Graphismes : 6/10
Loin d'être le point fort de ce Mass Effect, même si on lui pardonne puisque sorti au début de la vie de la Xbox 360, les graphismes alternent entre du bon, de l'acceptable et du franchement moche. L'animation des visages est remarquable et participe énormément à insuffler la vie à Shepard et à ses acolytes, mais à coté de ça certaines textures ressemblent à des amas de pixels pâteux, qu'on croyait bannis depuis 1998. Les environnements ont beaucoup de personnalité, certains sont à tomber, mais en regardant d'autres de plus près, on voit du copié collé de structures, textures etc. Et puis les bugs sont légions (oui je classe ça dans les graphismes, pour moi ça va avec)
Gameplay : 7/10
Le gameplay de Mass Effect dispose des forces de ses faiblesses et inversement. L'aspect RPG est très présent mais les séquences de shoot pourront déconcerter les amateurs de jeux de rôles purs et durs. Et forcément, ceux qui sont habitués du shooter basique seront déconcertés, d'une part par la lourdeur du perso dans les combats, et d'autre part par l'arbre de compétence un peu fouillis et des multitudes de mods et d'objets qui s'entassent dans l'inventaire sans réelle possibilité d'y faire le tri. Ensuite, en oubliant les phases de véhicules à la fois intéressantes dans le concept mais un peu ratées dans la pratique, on ne peut que relever l'incroyable portée du système de dialogues actifs dont la place centrale dans la façon d'aborder le jeu et son scénario font toute la différence à coté d'un jeu jeu vaguement similaire.
Scénario : 9/10
Le point le plus réussi. Premièrement, le personnage de Shepard est admirablement bien écrit, et s'il est véritablement au centre de cet univers à la richesse débordante, le fait de pouvoir le façonner selon nos désirs tout en se gardant de la froideur impersonnelle d'un RPG à la Skyrim rend l'interactivité avec l'univers tout bonnement jouissive. Et puis il y a cette histoire de menace ancestrale pour la galaxie, ces conflits politiques inter raciaux qui se jouent à la Citadelle, et la diversité des entrées du codex pour se plonger à corps perdu dans le fourmillement de ce monde, qui renvoit à tant et tant de référence dans la littérature et le cinéma de SF, qu'on ne pourrait toutes les relever sans dénaturer la crédibilité et la cohérence trouvée par l'auteur.
Bande Sonore : 6/10
Les thèmes sont agréables à l'oreille, mais j'ai trouvé que ce premier opus peine franchement dans l'ambiance sonore lors de nombreuses séquences. La plupart des musiques se font bien trop discrètes quand elles devraient nous accompagner dans des envolées épiques alors qu'on vient à bout d'une armée de robots ou de krogans survoltés. Par contre, rien à redire sur la version française des dialogues. Quasiment tous les acteurs de doublages sont chevronnés, et participent à la qualité impeccable des scènes de dialogues interactifs.
Avis général : 8/10
Il est difficile de juger un jeu pareil plus de 6 ans après sa sortie. Ses aspects techniques déçoivent par moment mais derrière ce tâtonnement correspondant à une époque ou les développeurs n'avaient pas encore leurs marques sur la génération de consoles, mais derrière ça, la complexité de l'univers, ses mécaniques entre RPG et TPS, ses dialogues et son histoire emprunte d'héroïsme et de personnalité, ses références discrètes à différents médias du genre... Mass Effect vous absorbe pour ne plus vous lâcher que quand vous commencez le suivant.
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| Le SR1 Normandy à quai à la Citadelle |






